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Foot: Iker Casillas, gardien aux mains de velours dans des gants en fer

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Iker Casillas a annoncé se retraite, ce 4 août 2020, à 39 ans. L’Espagnol a gardé la cage du Real Madrid durant une quinzaine d’années, puis celle du FC Porto de 2015 à 2020. Ses parades décisives, comme en finale de Coupe du monde 2010 face aux Pays-Bas, son palmarès exceptionnel et son élégance, en font un des portiers les plus marquants de l’histoire moderne du football.

Il n’est pas le plus grand gardien de but de football de l’histoire, que ce soit pas la taille ou par le talent. Mais Iker Casillas a bouclé, ce 4 août 2020, une carrière immense, qui le classe parmi les légendes du ballon rond.

À 39 ans, celui qui a gardé la cage de l’équipe nationale d’Espagne à 167 reprises s’est forgé un palmarès phénoménal, avec notamment une Coupe du monde remportée en 2010 et deux Championnats d’Europe des nations (2008 et 2012).

Talent précoce

Mais c’est avec le Real Madrid, le club où il a évolué de 1990 à 2015, qu’Iker Casillas s’est tout d’abord illustré. En 1999, peu après un titre de champion du monde des moins de 20 ans avec les juniors espagnols, le natif de Mostoles est bombardé titulaire de l’équipe première. À seulement 18 ans. Un fait d’autant plus rare que chez les gardiens de but l’envergure et l’expérience sont deux caractéristiques très prisées.

Mais Iker Casillas, qui ne mesure « que » 1 mètre 82, compense par des réflexes impressionnants et une grande maturité. Ce talent précoce le prouve notamment en devenant le plus jeune portier titulaire et vainqueur dans une finale de Ligue des champions (C1). Un match que les Madrilènes remportent 3-0 face au Valence CF, en 2000.

« San Iker »

En l’espace de 16 saisons, Iker Casillas dispute 725 rencontres avec le Real Madrid et moissonne une quinzaine de titres majeurs, dont trois C1, cinq Championnats d’Espagne (Liga), deux Coupes du Roi, quatre Supercoupes d’Espagne ou une Coupe du monde des clubs.

Toujours élégant et fair-play, Casillas est devenu une icône dans son pays et sa capitale. En Espagne, on le surnomme « San Iker ». Le protecteur multiplie en effet les parades miraculeuses en sélection. Il est un des grands artisans de l’incroyable triplé Euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012 de la Roja. Comme en finale de la Coupe du monde sud-africaine où il s’interpose de justesse face au Néerlandais Arjen Robben. Le Madrilène est logiquement désigné par la FIFA meilleur joueur à son poste cinq années de suite, durant cette période (de 2008 à 2012).

Messi et Mourinho, ses tourmenteurs

Mais – parce qu’il y a un mais – Iker Casillas voit progressivement son euphorie retomber, en club. À cause du FC Barcelone, dans un premier temps. Les Catalans, grands rivaux des Castillans, ont en effet repris l’ascendant sur la scène nationale, à la fin des années 2000. Face au Barça, « San Iker » vit parfois un enfer. Comme ce 29 novembre 2010 durant lequel la bande du jeune Lionel Messi s’impose 5-0, à l’issue d’une démonstration collective rarement vue.

Sur le banc de touche, l’entraîneur madrilène, José Mourinho, fulmine. Le Portugais est loin d’admirer et de mettre sur un piédestal celui qui est arrivé à l’âge de 9 ans, au sein de la « Maison Blanche ». Il le soupçonne en outre de confier des secrets du vestiaire à son épouse, la journaliste Sara Carbonero. Le technicien pousse donc progressivement Iker Casillas vers le banc de touche, à partir de la saison 2012-2013.

« Qu’on se souvienne de moi comme d’une bonne personne »

Malgré le départ de Mourinho l’été suivant puis l’arrivée de Carlo Ancelotti, Iker Casillas ne retrouve pas une place de titulaire indiscutable ni son lustre passé. Sa confiance semble, en partie, ébranlée. Au point que l’homme aux gants de fer multiplie parfois les erreurs. Après une Coupe du monde 2014 désastreuse (élimination au premier tour), il insulte copieusement un Internaute qui lui a conseillé de jeter son bébé à l’eau pour voir s’il flottait…

Une saison plus tard, le Real Madrid, désormais coaché par Rafael Benitez, prend la délicate décision de le pousser vers la sortie. Lors de sa conférence de presse de départ, Iker Casillas lâche, entre deux sanglots : « Au-delà du souvenir d’un grand ou mauvais gardien, j’espère simplement qu’on se souviendra de moi comme d’une bonne personne. »

Refuge puis déclin au FC Porto

Quelques semaines plus tard, Iker Casillas trouve refuge au FC Porto, au Portugal voisin. Avec les « Dragons », il remplit certes un peu plus son armoire à trophées. Mais l’intéressé est désormais loin du temps de sa splendeur.

En mai 2019, un malaise cardiaque lors d’un entraînement le force à se tenir éloigné des terrains durant de longs mois. Au point que le portier songe en février 2020 à se tourner vers la présidence de la Fédération espagnole de football. Il abandonne ce projet quelques semaines plus tard, en pleine crise du Covid-19.

« Sans toi, tout aurait eu moins de sens »

Ce 4 août 2020, c’est au jeu que l’Espagnol a renoncé. « Aujourd’hui est à la fois l’un des jours les plus importants et les plus difficiles de ma vie sportive : le moment de dire au revoir est arrivé », écrit-il sur les réseaux sociaux.

Sur Instagram, Gianluigi Buffon, l’un des plus grands gardiens de but de tous les temps, a tenu à rendre hommage à son désormais ex-rival. Avec une photo et ces mots : « Ils disent que la concurrence nous rend meilleurs que les autres mais pas parfaits face à nous-mêmes. Peut-être que cette recherche futile de la perfection est ce qui a fait de nous ce que nous sommes. Merci Iker, sans toi, tout aurait eu moins de sens. »

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