Migrations irrégulières au Sénégal : 85% des migrants qui ont tenté l’expérience ont échoué (étude de l’OIM)

L’étude sur les nouvelles tendances migratoires au Sénégal, réalisée par l’Organisation Internationale pour les Migrations, fait état d’une situation alarmante sur la reprise de la route ouest africaine. L’enquête a tourné principalement autour des flux au cours de l’été 2018, les facteurs spécifiques qui déterminent cette nouvelle tendance migratoire, les profils des migrants et les parcours migratoires.
La recherche exploratoire de l’OIM a permis de constater que durant la période de janvier à juillet 2018, plusieurs tentatives de départ ont été signalées et plusieurs personnes ont été interpellées dans les régions côtières du pays, notamment Saint-Louis, Thiès, Ziguinchor et Fatick. Ces localités situées dans le littoral ont d’ailleurs été identifiées comme zones de fortes affluences pour les départs, renseigne l’enquête. Le document révèle ainsi que 356 migrants et 345 ménages ont été interrogés dans ces agglomérations ciblées et les résultats obtenus attestent d’une dynamique migratoire avec un taux d’échec de 85% de migrants qui confient n’avoir pas réussi à atteindre leur destination finale. Du lot, 11% ont déclaré avoir tenté, à trois (3) reprises, l’expérience.

Les statistiques de l’OIM renseignent, cependant, sur un accroissement des retours de migrants au Sénégal (de 1% des retours à Thiès en 2017 à 40% en 2018). ‘’Pour ce que nous avons collecté, nous savons qu’il y a environ 6000 sénégalais que nous avons aidé à regagner leur pays d’origine et beaucoup de ces migrants étaient partis par la voie terrestre, maintenant la majeur partie des migrants qui partent privilégie la voie maritime’’, explique le chef de la mission de l’OIM au Sénégal, Bakary Doumbia.

En majorité des hommes avec une moyenne d’âge de 31 ans dont 57% de mariés et 26% de chefs de ménage ont été dénombrés.

Pour l’OIM, les causes du phénomène sont à rechercher dans l’interaction des facteurs économiques et de la pression sociale, notamment, le manque d’opportunités économiques, l’influence des proches et des parents, l’image que reflètent les migrants qui ont réussi l’aventure entre autres. La sensibilisation semble être la meilleure réponse pour dissuader les aventuriers à la migration irrégulière. ‘’Sensibiliser les migrants et ne pas sensibiliser les parents cela ne donnera pas de très bons résultats. Il faut aller dans toutes les zones rurales, nous pensons également que créer des activités dans les zones d’origine, cela pourrait permettre d’assister les jeunes financièrement et maintenir les jeunes sur place’’, a recommandé le chef de la mission de l’OIM au Sénégal, Bakary Doumbia.

Les résultats de l’enquête réalisée par l’Organisation Internationale pour les migrations ont été restitués à travers un atelier tenu ce 26 septembre à Dakar.

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