«Le secret de notre longévité…»

Jeunes et belles, du talent à revendre, Mariah, Khadija et Défa, des étoiles dans le ciel de la musique sénégalaise, forment le trio Safari depuis une quinzaine d’années. Quel est le secret de leur longévité, la force de leur groupe ? Elles en parlent dans cet entretien sans détours. Tout comme de leur prochain double album qui profile à l’horizon 2020, de la place des hommes dans leur quotidien bien rempli de stars…

Vous venez de sortir un single après une petite absence de la scène. Qu’est-ce qui vous retenait ?

Khadija : Nous sommes actuellement sur un projet d’album. Il n’y a pas si longtemps, nous avions sorti un maxi de 6 titres. Nous avons alors compris qu’il fallait revenir avec du lourd. Du coup, nous étions un peu concentrées sur les recherches musicales et la rédaction des textes. Nous voulons apporter une touche nouvelle. L’innovation, c’est notre style qui a joué et qui explique notre petit retrait de la scène. Nous étions donc en phase d’écriture et d’enregistrement. Et ça nous a pris du temps. Là, nous sommes de retour avec le single sorti hier, «Takkusan». Très bientôt, vous découvrirez d’autres singles qui annonceront la sortie de l’album, prévue en Février 2020.

Mariah : Le maxi est sorti en mars 2019. Même pas un an. Donc, Safari n’est trop absente de la scène musicale. Nous bossions sur l’Album promis au grand public. Et nous nous attelons à tenir cette promesse.

Que pouvez-vous nous dire sur votre prochain produit ?

Mariah : Il y aura de belles surprises en tout cas. Les fans peuvent s’attendre à voir Safari sous un nouveau jour. A coup sûr, le public sera surpris. Le single «Takussan» qui parle de mariage est sorti hier. Ceux qui vont le regarder pourront avoir un aperçu de ce que nous leur réservons. Ce sera un double album et il y aura de belles collaborations avec des artistes d’ici et d’ailleurs. Nous avons aussi prévu une tournée nationale et internationale.

Collaborez-vous toujours avec Keyzit, label qui ne fait pas l’unanimité auprès des artistes qu’il a eu à produire ?

Khadija : Nous travaillons toujours avec le Label Keyzit. C’est eux qui vont produire cet album d’ailleurs…

Mariah : Concernant les rumeurs sur ce Label, nous n’allons pas trop nous avancer là-dessus. Les artistes qui ne se retrouvent pas dans leur collaboration avec eux, ils ont sans doute leurs raisons. Toutefois pour Safari, ce n’est pas le cas. C’est juste que dans toute relation fut-elle professionnelle, il y a des hauts et des bas.

Défa : Pour le moment, nous faisons focus sur le prochain album et nos performances à venir. C’est le plus important

Vous formez un trio, quel est le rôle de chacune d’entre vous dans le groupe ?

Défa : On travaille tous ensemble. Mais, la plupart des textes, sont écrits par Maria. Il arrive des fois qu’on l’aide. On peut avoir un feeling et l’exprimer.

Mariah : Dans le groupe, chacune a sa particularité et un rôle à apporter. Défa est la bête de scène, c’est elle qui met de l’ambiance et sait bouger le mieux sur le podium. Khadija est spéciale. Elle est suave. C’est la femme qui amène beaucoup de douceur au groupe. Tandis que moi, je suis un peu sauvage sur les bords. Bref, c’est ce qui fait Safari.

Qu’est-ce qui constitue votre plus grande force ?

Khadija : L’entente et le respect. De bonnes amies dans la vie, nous partageons aussi le même rêve, les mêmes motivations pour la musique. Forcément, il n’est pas rare qu’on se crêpe le chignon de temps à autres, mais on se retrouve toujours. Mais comme on a l’habitude de le dire, c’est notre amitié qui passe avant tout. Ce qui fait que parfois, lorsqu’il y a des tensions, on met Safari de côté et on se dit des vérités.

 Défa : La base de toute relation, c’est la confiance et le respect. On se connait entre nous. Chacune a une profonde considération à l’égard des autres. Quelquefois, on se chamaille mais, c’est le côté sœurs et amies qui prend toujours le dessus.

Vous êtes ensemble depuis combien d’années ?

Mariah : Ça fait plus de 15 ans que nous sommes ensemble. Depuis, le lycée, on traine ensemble.

Khadija : Défa et moi étions voisines à Ouakam. Maria et moi étions dans la même classe. Je les ai donc connues séparément et notre passion pour la musique, nous a réunies toutes les trois.

Mariah : C’est Khadija qui a formé le groupe Safari. Mais il faut dire que notre entente est assez spéciale. J’ai eu d’autres artistes auparavant mais le courant ne passait pas autant qu’avec Khadija et Défa. Nous partageons la même vision, nous sommes des folles avec les mêmes feelings. C’est ce qui fait la beauté de cette union. On se voit pratiquement tous les jours et on ne peut pas supporter de rester 3 jours sans se voir.

Peut-on s’attendre un jour que chacune de vous suive une carrière solo ?

Khadija : Nul n’est infaillible. Pour le moment on est bien ensemble. Si notre destin c’est de continuer ensemble. Nous voulons que cela soit le challenge d’être le seul groupe de femmes qui a réussi à tenir. Si les hommes peuvent le faire, nous de même.

C’est le label Guélongal qui vous a révélé au public. Qu’est ce qui a été à l’origine de votre divorce avec eux ?

Mariah : Nous avons travaillé avec eux durant huit (8) années. Nous avons bouclé la durée du contrat. Nous avons beaucoup appris avec Guélongal. Par la suite, nous avons voulu explorer d’autres expériences. On peut dire que c’est Fafadi qui nous a mieux intégré dans le secteur musical. C’est lui qui faisait les bits. C’est grâce à lui que nous sommes entrées en contact avec Guélongal.

 Est-ce que vous accordez-vous du temps pour gérer vos propres activités ?

Khadija : Bien entendu, nous ne sommes pas des sœurs siamoises non plus. Nous avons chacune une vie à côté. On a l’habitude de le dire, on s’est retrouvé en tant qu’artiste. Hormis notre vie d’artiste, nous restons des gens simples. Nous sommes mères de famille. Nous essayons de garder un équilibre entre notre vie de tous les jours et la vie d’artiste. Chacune de nous a besoin de son indépendance parfois, et on se l’accorde.

 «Le guerrier qui serait prêt à nous épouser toutes les trois…»

Vous êtes toutes les trois célibataires. Khadija et Défa ont eu l’expérience du mariage mais cela n’a malheureusement pas marché. Les hommes ont-ils une place dans ce trio ? 

Mariah : Bien sûr que nous avons du temps et de la place pour les hommes. C’est tout-à-fait normal. Mais, le mieux pour nous, ce serait d’avoir un homme, un guerrier prêt à nous épouser toutes les trois. Nous avons une vie à part, une vie privée. Nous parvenons à allier les deux.

Seriez-vous prête à partager le même homme ?

Mariah : Non on rigole en fait mais, c’est bien possible…

Le mariage ne gênerait pas vos activités ?

Défa : Non. Si toutefois c’est un homme qui nous comprend.

La remarque générale c’est que les mariages des artistes ne durent pas…

Mariah : C’est parce que souvent les hommes te trouvent avec ton boulot d’artiste et après le mariage, ils exigent que tu laisses tomber tes activités. Alors que la musique c’est un boulot comme tout autre. Ça doit pouvoir se comprendre. Il suffit juste d’épauler la femme, la soutenir pour que la vie de couple se passe normalement. En plus, je pense qu’il n’y a rien de mieux que d’avoir une femme artiste. En raison de sa notoriété, elle ne peut pas se permettre de mettre les pieds n’importe où.

Défa : Je ne partage pas l’avis de ceux qui disent qu’une artiste ne peut pas être une bonne épouse. Les femmes artistes s’occupent parfaitement de leur ménage. Je pense que celles qui n’ont pas réussi leur ménage sont tombées sur des hommes qui ne les comprenaient pas. Toutes les femmes rêvent de se marier et de fonder un foyer, y compris les artistes. Nous sommes comme tout le monde, nous exerçons un métier décent. Grâce à la musique, nous percevons un salaire, elle nous permet de voyager partout dans le monde pour représenter le Sénégalais. Nous sommes en quelque sorte des ambassadrices et cela les sénégalais doivent en être fiers. Si nous travaillons c’est pour assurer la survie de notre famille.

Mariah : On ne comprend même plus ce que veulent les hommes. Quand tu travailles le matin, on dira que c’est une mauvaise femme, idem si c’est le soir. A la fin, on se demande ce qu’ils veulent. On ne va pas non plus rester toute la journée à la maison. Les femmes ont dépassé ça. On a aussi notre partition à jouer dans le développement de ce pays. Rien ne peut aller de l’avant sans nous.

De plus en plus, sous nos cieux, les femmes meurent sous les coups de leurs conjoints. Qu’est-ce que cela vous fait en tant qu’artistes féminines ?

Khadija : Cela nous affecte énormément, à tel point que nous avons ressenti le besoin d’en faire un morceau. D’ailleurs, il fera partie des titres qui vont composer notre prochain opus. On a eu beaucoup de mal à le finir alors que d’ordinaire nous sommes très inspirées. Mais pour ce coup-ci, nous étions très touchées par ce phénomène. Nous avons ressenti chaque paragraphe, chaque couplet. Franchement ce qui se passe dernièrement nous dépasse, en tant que femmes et artistes, nous n’avons pas le droit de fermer les yeux là-dessus. On doit faire un tapage pour faire entendre à tout le monde que nous ne sommes pas des objets. Je ne trouve pas les mots pour qualifier ces violences des hommes à l’égard de leurs épouses. Il est temps que cela cesse. Nous allons sensibiliser du mieux que nous pouvons et nous exhortons tout le monde à en faire de même…

MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU ET AIDA COUMBA DIOP

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