Iran : Trump joue la carte de l’apaisement face à l’option militaire

(FILES) In this file photo taken on April 11, 2019 US President Donald Trump speaks to the press during a meeting with South Korean President Moon Jae-in (not shown) in the Oval Office at the White House in Washington, DC. - With two days to go before release of the report on Russian meddling in the 2016 US election, President Donald Trump insisted again April 16, 2019 that he is the real victim. "The greatest Scam in political history," he tweeted in his latest effort to portray the probe into his Russia links as a secret attempt to bring down his presidency."If the Mainstream Media were honest, which they are not, this story would be bigger and more important than Watergate," Trump tweeted, referring to the 1970s political scandal that brought down president Richard Nixon. (Photo by NICHOLAS KAMM / AFP)

 Le président américain Donald Trump a joué mercredi la carte de l’apaisement après des tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats américains en Irak. S’il a annoncé l’imposition immédiate de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran, il n’a pas évoqué de réponse militaire, éloignant pour l’heure le spectre d’une escalade régionale.

Après des représailles iraniennes contre des bases américaines en Irak qui n’ont pas fait de victimes, Donald Trump a préféré jouer la carte de l’apaisement en privilégiant une réponse économique plutôt que militaire.

« L’emphase est mise sur les sanctions économiques. Donald Trump entend apparemment contenir le régime iranien, éventuellement faire basculer le régime. Je pense que les États-Unis ont opté, comme on le savait depuis un an et demi, pour un effort d’étranglement économique, par un blocus économique de l’État iranien dans l’espoir de faire chuter le régime », explique Philip Golub, professeur à l’Université américaine de Paris (AUP) et spécialiste de la politique étrangère des États-Unis.

Seulement d’après l’universitaire, cette stratégie pourrait bien s’avérer contre-productive depuis la mort du général Soleimani. « À terme, je crois qu’aujourd’hui, cette stratégie est dans la contradiction puisque Donald Trump a réussi avec son intervention militaire à unifier le peuple iranien derrière le régime plutôt que le contraire. On est là dans une situation curieuse : d’un côté, les États-Unis recherchent un changement de régime par étouffement économique et de l’autre côté, l’assassinat du général Soleimani a conduit à un renforcement de ce même régime, à la mobilisation populaire derrière lui », analyse Philip Golub.

Les partisans de Trump hostiles à une escalade militaire

Mais si Donald Trump a choisi de calmer le jeu, c’est aussi à cause du calendrier électoral. Le président américain est candidat à sa réélection et il ne souhaite pas froisser ses partisans en majorité hostile à une escalade militaire.

« Les déclarations de Trump indiquent effectivement une préoccupation de politique intérieure. La base électorale du président est en effet lasse des guerres américaines au Moyen-Orient et dans le Golfe. Une partie non négligeable des commentateurs ultraconservateurs sur Fox News le sont aussi, même s’ils sont divisés sur la question, détaille Philip Golub. Je pense qu’effectivement, Donald Trump pense à son élection, il y pense tout le temps d’ailleurs, et qu’il essaye de moduler ses besoins intérieurs avec le désir apparemment puissant d’utiliser l’outil militaire américain extrêmement développé qu’il a à sa disposition quand il le voudra. »

Et l’universitaire de conclure : « Nous sommes dans l’unilatéralisme, devant un nationalisme exacerbé, mais avec un président dont l’imprévisibilité devient de plus en plus grande ».

 

Auteur : Rfi

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